L’alternance en France, s’impose comme une tendance majeure, redessine les trajectoires professionnelles des jeunes et influence profondément le paysage du marché du travail.
Dans un contexte où le marché du travail français connaît une effervescence remarquable, les années 2019 à 2022 ont été caractérisées par une croissance de l’emploi de l’ordre de 5,4 %, propulsant le taux de chômage à son niveau le plus bas depuis 1982.
Cette embellie économique trouve une source importante dans la création de 1,2 million d’emplois salariés, dont un tiers est attribuable à des contrats d’alternance. Ainsi, l’alternance en 2023 s’est montré non seulement comme un acteur essentiel de la croissance, mais aussi comme une voie particulièrement attractive pour les jeunes cherchant des perspectives professionnelles stimulantes.
Portrait des apprentis en France
À ce jour, les apprentis se répartissent en deux tiers de garçons et un tiers de filles, une proportion inchangée depuis dix ans. Malgré des efforts pour favoriser la mixité, les filles demeurent moins attirées par l’alternance que les garçons.
Concernant l’origine, les jeunes issus de l’immigration ont tendance à privilégier le lycée professionnel plutôt que l’apprentissage. Environ 25 % des lycéens professionnels sont d’origine immigrée, contre 20 % chez les apprentis. Les apprentis sont également moins nombreux à être nés à l’étranger, avec 9,5 % contre 17,3 % pour les lycéens.
Du point de vue social, les parents des apprentis en enseignement supérieur sont plus fréquemment employés ou ouvriers (28 %) que les parents des étudiants scolaires (22 %). Ces données soulignent des disparités significatives dans les contextes familiaux des deux groupes d’apprenants.
91% des alternants satisfaits par l’alternance en 2023
L’expérience des alternants suscite un niveau de satisfaction en constante progression. En effet, en 2023, le taux de satisfaction atteint un niveau record de 91 %, en augmentation de 4 points par rapport à l’année précédente et de 9 points par rapport à 2021.
Le choix de l’alternance est une évidence pour de nombreux étudiants, notamment ceux de niveaux bac+2 et bac+5, qui attribuent une note proche de 9/10 à ce dispositif. Cette préférence se traduit par d’autres chiffres, puisque 93 % des alternants affirmant avoir opté volontairement pour cette voie et 30 % des apprentis du supérieur estiment qu’ils n’auraient pas poursuivi leurs études autrement.
Pourquoi le modèle de l’alternance est-il plébiscité ?
- Un pont entre formation et professionnalisation
Le choix de l’alternance repose sur deux piliers essentiels : la professionnalisation, plébiscitée par 47 % des alternants, et la formation, mentionnée par 20 % d’entre eux. Cette voie est particulièrement appréciée pour son impact sur l’insertion professionnelle, avec 65 % des répondants soulignant son rôle crucial, notamment parmi les étudiants de niveaux bac+2 et bac+5. De plus, la confrontation directe avec le monde du travail joue un rôle décisif pour 59 % des alternants, atteignant même 75 % parmi ceux de niveaux bac+2.
L’aspect formatif de l’alternance est largement reconnu, avec 91 % des alternants affirmant se sentir « mieux » voire « beaucoup mieux » formés à l’issue de leur contrat. Cependant, malgré son caractère incontournable, cette voie présente des défis quant à l’intégration des connaissances théoriques à la pratique professionnelle. Alors que la moitié des alternants estime apprendre leur métier en centre de formation, 94 % sont convaincus que l’apprentissage du métier se fait principalement en entreprise. Cela s’explique par le fait que près de 58 % des alternants éprouvent des difficultés lors du transfert de leurs acquis de formation en milieu professionnel, et 48 % soulignent des discordances en entre les missions réalisées en entreprise et leur formation.
- Une motivation financière :
L’argent compte beaucoup dans le choix de l’alternance, en particulier dans le contexte post-pandémique et inflationniste. Les jeunes sont préoccupés par leur pouvoir d’achat, avec 49 % craignant de vivre une situation financière difficile dans le futur. Dans ce contexte, 66 % des alternants reconnaissent une motivation financière dans leur choix, que ce soit pour percevoir un revenu durant leurs études ou pour les aider à financer leur formation.
- Un vecteur de réussite et d’insertion professionnelle :
L’alternance en 2023 se démarque comme étant un choix propice à la réussite et à l’insertion professionnelle. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 97 % des apprentis en dernière année de master obtiennent leur diplôme, surpassant les 79 % de réussite des étudiants scolaires. La tendance est similaire en école de commerce, avec un taux de réussite de 89 % pour les apprentis, comparé à 71 % pour leurs homologues scolaires.
Cette tendance positive se poursuit sur le marché du travail, où 73 % des apprentis de niveaux CAP à BTS occupent des postes salariés dans le secteur privé deux ans après leurs études.